1 INTRODUCTION.
le pied d’un homme a, non la sixième mais la hui-
tième partie de la hauteur de son corps. D'ailleurs,
dans tous les édifices grecs , la proportion des colonnes do-
riques Varie infiniment ( Voy. parallèle, pl. 63); et dans
cette variété infinie , le rapport exact de six à un ne
se rencontre pas une seule fois. Si quelque architecte
grec s’est avisé d’assigner cette proportion à l’ordre
dorique ; il paraît que les Grecs n’en ont fait aucun
cas : autrement, on la retrouverait, sinon dans tous
leurs édifices, du moins dans ceux qu’ils ont élevés du
temps de Périclès, édifices qui passent avec raison ,
pour des chefs-d’œuvres.
Elles ne le La même variété se remarque dans les proportions
apte des autres ordres que l’on soutient avoir été imités du
tres corps de la femme et de la jeune fille ( Voy. parallèle,
pl. 64 ). Il n’est donc pas. vrai que le corps humain ait
servi de modèle aux -ordres.
Mais je veux que dans les mêmes cas, le même ordre
ait toujours les mêmes proportions ; que les Grecs aient
constamment suivi le systême qu’on leur attribue ; et
que la longueur du pied soit la sixième partie de la
hauteur du corps de l’homme : s’ensuit-il que les pro-
portions des ordres soient une imitation de ‘celles du
corps humain ? Quelle comparaison peut-on faire entre
le corps de l’homme , dont la largeur varie à chaque
hauteur différente, et une espèce de cylindre dont le
diamètre est par-tout le même ? Quelle ressemblance
peut-il y avoir entre ces deux objets ; quand même
on leur supposerait une même base, une même hau-
teur ? Il est donc évident que les proportions du corps
humain n’ont servi ni pu servir de modèle à celles
des ordres.
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