DES PRINCIPALES PARTIES DES VILLES. 33
les murs et les ponts avaient couté fut employée à embellir a PAR x
le tout par des corps de refend, des tables saillantes, des ‘ "°°°"
avants-corps, des arrières-corps, des balustrades, etc. Voyez
planche 2, figure 1.
Malgré tout ce luxe de décoration cette place ne pro-
duit aucun effet lorsqu’on la traverse, et par conséquent la
dépense que l’on y a faite, quelle qu’elle soit , est en pure
perte, même pour la décoration.
Si dans la composition de cette place , au lieu de occuper
de formes, de proportions, etc., enfin de toutes ces puérili-
tés par lesquelles on prétend décorer et faire du beau, on
se fut appliqué à la disposition, aux convenances, en un
mot à tout ce qui mérite véritablement le nom d’architec-
ture; si l’on eut fait attention que cette place etait située
entre deux promenades très-fréquentées, que souvent au
milieu du plus beau jour la sérénité du ciel etait troublée
par des orages qui forcent ceux qui se promènent à cher-
cher promptement un abri, que souvent une place publique
est Ie théatre des fêtes les plus brillantes et des cérémonies
les plus pompeuses; qu’en conséquence on eut environné
celle-ci de vastes portiques qui, dans les mauvais temps, au-
raient offert une promenade couverte, et dans les temps de
fêtes des places commodes pour tout un peuple ; que pour
rafraichir l’air, on y eut placé d’abondantes fontaines, etc.
Quel magnifique spectacle n’eut pas offert cette place dont
les immenses portiques se seraient dessinés tantot sur des
arbres, tantot sur le fleuve et tantot sur les edifices publics
elevés du côté de la ville! Voyez même planche, fig. 2.
Et cette place si commode et si pompeuse, digne en tout
de rivaliser avec celles elevées par les Grecs et les Romains,
cette place, dis-je, aurait moins couté que celle qui existe ;
avec les murs intérieurs des fossés et le tiers des murs ex-
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